Leçon n°1 : Comment écrire un article fictif mais crédible (bien qu’en avance sur son temps).

lundi 17 août 2009
par  Pier Alessandri
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Ecrire un article fictif dans un des magazines audio-pro le plus vendu à l’époque.

Étant à l’époque (en cette fin d’année 1987) responsable dans O-Vu mag, sous le pseudo d’Onc’Pikson, d’une critique de disque alibi qui me permettait d’interviewer l’ingénieur du son ou l’arrangeur d’un projet disque (et non l’artiste !!!), je devais rendre chaque mois mon papier.

C’est en vacances en Corse, que je réalise que je n’ai toujours rien fait pour la rentrée. En dehors des festivités habituelles, au niveau lecture, traine en tout et pour tout un vieux "San Antonio". Après l’avoir lu au moins deux fois, je décide d’utiliser tout renseignement géographique et autre tirés du livre.
Il me fallait juste inventer une artiste, un ingénieur et un studio.
Donc ce fut chose faite, et nous voilà à Zanzibar.

Ce que je ne savais pas à l’époque, c’est que j’inventais le time stretch, le record non destructeur, le copier-coller musical et un programme qui mettra plus de 20 ans à voir le jour. Cela devait être un échantillonage de toutes les pistes enregistrées en analogique et en concert. Le numérique, montrant seulement le bout de son nez, ne proposait qu’enregistreurs (peu de pistes) et lecteurs (début du CD).

Ici, la machine (un clavier-échantilloneur PPG) recalculait le tempo moyen des pistes et les recalait parfaitement. Puis le copier-coller en manuel de parties musicales en numérique (largement utilisé de nos jours !)

Vint aussi la description du studio Sound Beach (imaginaire !! jamais existé !!), largement inspiré de "San Antonio à Zanzibar".

Et ce fabuleux interview de Peter Rows !!


LE DISC’O-VU D’ONC’PIK’SON

A dix minutes de vol de Zanzibar, c’est bonjour les Tropiques !!! Ce mois-ci, me voilà en Tanzanie à la recherche du Sound Beach, son plus grand studio. Pourquoi une artiste comme Jamie Logan a-t-elle été finaliser son dernier album, avec son ingénieur Peter Rows, dans ce studio d’Afrique ? Que voilà une bonne question !!! C’est au coin de Pamba Street et d’Indépendance Avenue, en plein cœur de Dar-Es-Salam que je trouve la porte dorée, un peu rococo, du "Sound Beach". Deux ventilateurs brassent l’air moite du hall d’entrée sans arriver à assainir l’atmosphère. Le patron chinois, sirotant une bière de banane, facilite mon travail d’approche en me présentant Peter Rows, ingénieur américain, originaire comme Jamie Logan du Texas.

Interview de Peter Rows

0-VU : Peter Rows, je pense que tu peux nous expliquer la raison de ce choix un peu particulier ?

Peter Rows : Oh, c’est très simple. Jamie et moi avions besoin de vacances après les dernières tournées aux USA et l’Afrique semblait ’the right place’’. Le choix du studio était moins important pour la simple raison que nous apportons tout notre matériel d’enregistrement. Mais, par contre, la couleur africaine apporte un ’ plus’’ introuvable ailleurs ( ... )

0-VU : Parlons donc, si tu le veux, du matériel et de cette démarche très personnelle.

P.R. : Ça peut sembler un peu compliqué mais voilà en résumé : lors de la dernière tournée, nous avons enregistré une quinzaine de titres de Jamie sur 24 pistes analogiques MCI SONY JH 24. Bien sur, ces titres ont été pris sur plusieurs dates, puis nous avons choisi les meilleurs au niveau instrumental.
Car, comme tu le vois, il n’y a ici avec nous, aucun musicien. Donc nous avons pris la sécurité de n’avoir que des bandes musicales parfaites. Le reste du travail à faire est uniquement des voix, des ambiances et les mixages.

0-VU : Je comprends mais expliques-nous l’utilisation que tu fais du clavier-échantilloneur PPG que je vois dans ce coin ?

P.R. : J’en arrive justement au PPG. C’est le système complet avec disque dur et 32 pistes digitales en échantillonnage total (!!!)

Nous avons reporté les bandes analogiques sur le PPG. Ce transfert me permet de n’avoir aucune perte de signal et je trouve même que le son est plus propre avec moins de souffle et plus de dynamique.

Je dois te dire que c’est un système un peu spécial et plus évolué que celui de série. J’ai effectivement un programme de correction temporelle et de hauteur tonale, lié à une correction de tempo. C’est difficile pour moi d’expliquer cela, mais beaucoup plus facile à utiliser.

Par exemple : je fais le report d’un morceau analogique en digital sur PPG. Il se retrouve codé sur sa longueur et sur chaque piste.

Je calcule ensuite le tempo moyen du morceau, que je fais entrer dans la mémoire de calcul "time-édit" (section Options) du PPG.

C’est lui-même qui corrige les endroits où la musique ’’flotte" en gardant les parties au bon tempo. Tout se retrouve codé comme un traitement de textes sur 24 lignes différentes.

Ensuite vient le travail le plus long car manuel. En effet, c’est moi qui recale (en copier-coller) certaines parties instrumentales aux endroits voulus du morceau, suivant nos choix artistiques.

D’autre part, la transformation instantanée en signaux MIDI me permet de remplacer ou de doubler certains claviers. Bien sur, à tout moment, je peux revenir en arrière car tout reste stocké sur disque ( ... )

Cela peut sembler un peu barbare et anti-musical mais nous prenons un réel plaisir a procéder comme cela. Nos idées sont immédiatement réalisées, Nous gardons tout le côté live instrumental. Je dois te rappeler que Jamie Logan fait du rock-country avec un côté marqué avant-garde’’ (!!!)

0-VU : Nous ne savons toujours pas ce que fait l’Afrique là-dedans...

P.R. : Nous avons voulu essayer d’introduire certaines percussions et pas toujours traitées naturellement. Nous refaisons aussi quelques voix ici.

Le studio "Sound Beach" est réellement plaisant pour cela. En dehors de la control-room qui, excepté les statues aux murs, est (somme toute !!) normale, il y a le grand studio de prise.

C’est une immense pièce de vingt mètres sur dix. L’acoustique est renversante. Il y a un point en coin qui est la convergence d’une multitude de décorations murales et du plafond. Lorsque vous êtes à ce point, tourné vers la vitre de séparation, vous voyez les murs en relief imitant des troncs d arbres, le plafond imitant un torrent en plâtre, arriver vers vous. Le sol, lui, est en ébène et en mahagony.

Mais le miracle vient du son. Il est porté par le plafond et amorti par les murs. Un micro placé à dix mètres en avant et en hauteur garde une certaine présence. Celle que l’on pourrait avoir à 1 mètre mais donc sans l’effet de proximité.

J’utilise ce système pour quelques guitares acoustiques additionnelles. Pour la voix, c’est différent : je mets trois micros à la même distance (environ un mètre), deux sur les murs en omnidirectionnel et celui du milieu en directionnel.

La voix se retrouve à la fois précise et veloutée comme avec un léger phasing et une reverb courte mais transparente. Bon, enfin, je suppose que c’est le hasard qui a voulu cela. Ça tient plus du bar louche rococo (rires...)

Nous avons aussi été enregistrer certaines percussions et des chœurs hors du studio. Revenu ici, je les mets en séquence après les avoir échantillonner sur le PPG (il nous restait 8 pistes) . Comme je peux toucher à la tonalité, sans déformation, je peux les utiliser sans problème sur n’importe quel morceau (!!!!!)

0-VU : Voilà qui est fantastique ! Peux-tu nous parler du reste du matériel ?

P.R. : Eh bien, en dehors du PPG, nous avons en secours le JH 24 MCI SONY qui n’est pas sorti de son flight-case d’ailleurs ! La console est une SOUNDCRAFT série 800 et 48 entrées. La même que nous utilisons en sonorisation (4 bandes d’équalisation paramétrique, 8 envois par tranche). Nous avons eu du mal à la faire entrer dans la cabine (sur le champ).

Deux racks apportent leurs reverbs (Deux AMS, une EVENTIDE SP 2016, quatre SPX 90 série II YAMAHA et une REV 1 YAMAHA), leurs délais et autres effets (deux AMS 15-80S, divers gates, limiteurs, compresseurs VALLEY, UREI, FAIRCHILD stéréo).

Les moniteurs sont des ELECTROVOICE poussés par des amplis CROWN et équalisés par des WHITE.

En micros, j’emploie des SHURE SM7, des AKG C12 et C414 et des NEUMANN U64, U67, KM84 et M50.

Propos complètement fictifs et inventés par Onc’Pik’Son.

FICHE TECHNIQUE
Ingénieur du son : Peter ROWS. Artiste : Jamie LOGAN. Production : ANJELI RECORDS. Studio : SOUND BEACH (DAR-ES-SALAM)

Multipiste digital
 : système PPG (Hard Disk), Multipiste analogique : MCI SONY JH 24 Console : SOUNDCRAFT 800 (48 entrées) Ecoutes : ELECTROVOICE (amplis CROWN) YAMAHA NS 10 (amplis YAMAHA) Equalisation : WHITE


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